Un pas en avant, deux pas en arrière..

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Très chers lecteurs, alors que plusieurs nouvelles encourageantes étaient publiées ces derniers temps (Développement de plusieurs vaccins et démarrage d’une phase de test , éradication du paludisme au Sri Lanka), The New England Journal of Medecine à annoncé cette semaine un premier cas de résistance au principal traitement utilisé contre le paludisme en Guinée équatoriale (Afrique).

Rappelons pour commencer que 5 formes de paludisme existent sur notre planète. Leurs propagation, leurs effets sur le corps et leur mortalité ne sont pas les même d’une forme à l’autre. « Falciparum », tel est le nom de la forme de paludisme pour laquelle une résistance à l’artémisine à été observée en Afrique. Il s’agit de l’une des formes qui à le taux de mortalité le plus élevé et qui représente 80 % de toutes les infections malariques identifiées dans le monde.

Cette résistance avait déja été identifiée dans de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, mais l’observation de cette souche mutée en Afrique, le principal continent touché par le parasite, ne présage pas de bonnes nouvelles pour l’éradication du paludisme. L’artémisinine est aujourd’hui le traitement de première intention administré pour des cas de paludisme et son efficacité est toujours pour le moment particulièrement importante en Afrique.

Afin d’éviter que cette situtation n’arrive, plusieurs molécules sont associées lors d’un traitement pour soigner efficacement le paludisme. Il faut savoir cependant que l’accès au milieu médical demeure complexe dans beaucoup de régions du monde, bien souvent culturellement et par manque de moyens pour les situations que j’ai pu observer. Les habitants ne peuvent / ne vont pas consulter pour avoir un diagnostic ou se faire soigner, ils prennent des médicaments achetés de mauvaise qualité , interrompe le traitement aux premiers signes d’amélioration. C’est alors que naissent les résistance aux médicaments. Un article particulièrement interessant, publié par le fond mondial « Médicaments défaillants et super-parasites : la course à l’élimination du paludisme » explique avec détail ce mécanisme.

L’article « Emergence of Indigenous Artemisinin-Resistant Plasmodium falciparum in Africa » publié par nejm.org  rapporte les données cliniques qui ont permis d’identifier cette résistance. Si pour le moment il s’agit d’un cas isolé, une surveillance particulière devrait être apportée en Guinée équatoriale (pays avec transmission particulièrement élevée), au cours des prochains mois et il n’est désormais pas exclue d’observer une reprise de la mortalité.